Mardi 17 juin 2008

Ou l'Art et la manière de finir une phrase pour un point.

par N le D
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Lundi 16 juin 2008

Recherches :
comment associer visuellement ces deux mots aussi différents Fleurs/Mal ?

 

par N le D
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Lundi 16 juin 2008

Série de recherches sur les poèmes du recueil "Les fleurs du mal"
Les plaintes d'un Icare

Les aveugles
par N le D
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Jeudi 5 juin 2008
Lorsqu'il y a quelques mois j'ai relu "Les fleurs du mal" pour une commande (exposition thématique) je ne pouvais me douter que j'allais les aborder avec un tout autre regard.
Je me demande si aujourd'hui je referai ce travail et si il aurait cette forme...
par N le D
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Dimanche 1 juin 2008

Carnet de bord d’une illustratrice en milieu collégien occidental du 21ème siècle

Préambule :

Je ne suis pas une artiste.

Certes, j’ai fait des études pour le devenir, certes j’ai un ou deux diplômes qui m'auréolent de quelques titres ronflants : " Plasticien… Arts Visuels… "

Pour ma part, j’ai décidé de faire mes propres preuves et me déclarer artiste quand et seulement quand :

  • je vivrai de ce métier (et ce n’est pas le cas)
  • j’aurai accumulé assez d’expériences et d’œuvres concrètes, d’expositions et d’interventions
  • un quota représentatif de pairs m’aura reconnu comme tel
  • Lorsque la " philosophie " suivante sera admise comme possible :

faire, créer, expérimenter, tisser des liens dans la cité et la donner à voir à ses habitants et à ce terme acquérir le statut d’artiste.

Et non pas : faire une formation durant laquelle on vous apprend avant tout à revendiquer le titre d’artiste avant même d’avoir fait, expérimenté, créée, tissé des liens, donné à voir sa cité, son environnement ….

 

Début du carnet de bord

28 février:

  Coup de téléphone !

Les mille univers m’invitent à rencontrer un écrivain : Jacques Jouet, pour construire un projet dans le cadre du collège Saint Exupéry.

Panique et inculture ! Qui est Jacques Jouet ? SOS Internet ! Infos glanées à l’arrachée…Pas beaucoup de temps ! L’Oulipo ! Raymond Queneau ! Souvenirs vagues de ma première littéraire ! Vingt ans déjà, c’est loin !

La rencontre est sympathique. Le poète, deux profs de Français dynamiques, et Frédéric Terrier dont je connais les talents depuis mon bref passage aux Beaux Arts de Bourges, mais surtout depuis l’aventure du livre La Chanc’elle (2005). Frédéric dirige la maison d’édition Berruyère " les Mille Univers "

Le projet est déjà engagé, l’équipe cherche un " Plasticien " pour faire écho à la démarche littéraire toute Oulipienne de Jacques Jouet.

Il s’agit de travailler avec deux groupes distincts de collégiens (classe de quatrième)

Un groupe (les poètes) produira une poésie par jour en s’inspirant d’une nature morte (3 éléments c’est Jacques Jouet qui mettra en œuvre cet atelier)

Un second groupe (les plasticiens) devra produire, selon la technique que nous devions arrêter le soir même, une nature morte par jour .(C’est moi la " Plasticienne ")

L’expérience doit se dérouler sur 30 jours. (le mois de mai)

Se mettent vite en place la philosophie globale de l’expérience, ses modalités de fonctionnement, ses besoins spécifiques et matériels, ses liens…

Je propose de faire travailler les élèves à partir de la technique du monotype qui possède les qualités propres à s'adapter au projet. Technique rapidement maîtrisable, matériel facile à trouver et à transporter, richesse immédiate du rendu plastique...

Dîner simple et bon au " Guillotin ", moment plaisant, ambiance de travail/plaisir.


Première semaine de février:

Je fais des recherches, j’expérimente des papiers, des techniques, des options plastiques…

Je me fais conseiller par Frédéric Terrier qui sait me dire en ayant soin de ne pas me blesser, mes limites, mes points à améliorer, à fouiller. J’avance, je conçois, je prévois, je planifie.


9 avril :

Rendez-vous à l’atelier des Mille Univers pour synchroniser avec Elsa Veyrier (professeure de Français au collège Saint Exupéry) les différents temps d’interventions.


11 avril :

Rencontre/ travail avec " Bandit-mage " qui va créer pour nous un site. Celui-ci accueillera les travaux des collégiens et sera le point d’orgue du projet dans la mesure ou il devra établir des liens entre les œuvres poétiques et les œuvres plastiques.

Les contraintes imposées sont nombreuses :

  • Avoir un site accessible, vivant mais non modifiable dans son fond
  • Pouvoir accéder aux œuvres soit par les prénoms, soit par les dates, soit de manière aléatoire (l’ordinateur devant choisir les associations image/poème)
  • Présenter simplement le projet pour permettre à tout visiteur d’en comprendre facilement le concept

Bandit-Mage est justement en train de créer un concept/site d’accueil destiné à des artistes, l’outil idéal pour nous…


16 avril :

Rencontre/travail avec Mme Marguery, professeure d’Arts Plastiques au collège. Je lui présente mon travail, le contenu du projet et le déroulement de mon intervention au collège fixée le vendredi 25 avril 2008.


Vendredi 28 avril :

Je passe prendre Frédéric " aux Mille Univers ", nous faisons l’inventaire du matériel et nous rendons au collège.

Nous rencontrons Mme Guggiari la " Principale du collège " qui nous assure de sa collaboration étroite et active : C’est elle qui déposera chaque jour à mon domicile, les œuvres plastiques que je pourrai ainsi regarder attentivement. Le collège se charge également d’émarger les noms et de répertorier les retards éventuels, les absences de productions…

Puis nous allons à la rencontre des " quatrièmes 2 " du collège Saint Exupéry de Bourges.

Je traque.

C’est Frédéric qui se lance dans la présentation du projet…

Le groupe d’élève n’est pas conquis d’avance. On les a fait revenir alors que leur après-midi était libérée, en plus, les premiers vrais rayons du printemps ont choisi ce jour pour enfin percer les éternels nuages du ciel Berrichon.

L’auditoire est peu à l’écoute, quelques petites provocations, des rires étouffés, des plaintes :

-" Quoi ! La même chose pendant 30 jours !

Mais on va tout gâcher !

Tous les jours ! Mais j’vais pas pouvoir ! "

Frédéric me présente aux élèves et me laisse leur proposer le travail.

Tout d’abord, je leur présente le matériel : 

Le pinceau, les feuilles, la peinture à l’huile, le liant, le rhodoïd, le carnet de 30 pages sur lequel j’ai fais 30 monotypes.

Je place sur un socle haut, un linge, une pomme et un tube à essai.

Je distribue une dizaine de feuilles par élèves, j’ai une progression en tête. D’abord travailler sur la représentation simple et descriptive, puis petit à petit au rythme de la découverte de la technique, aller vers la libération du trait, l’interprétation, décoller du modèle, pour donner à voir.

La séance est tendue, mais je sens déjà le potentiel. Je remarque quelques personnalités qui m’offriront certainement de belles propositions. J’essaie de passer un moment avec chacun d’entre eux, sans leur imposer quoi que ce soit, les révéler à eux même, leur montrer qu’ils savent, qu’ils peuvent, qu’ils ont l’énergie, la culture, les ressources…

La fin de la séance est assez désagréable. Les jeunes ont de la peinture plein les mains et ont du mal à se nettoyer, ils vivent cela difficilement, à l’âge du paraître absolu, l’expérience est compliquée.

Je repars du collège entre fatigue, enthousiasme et interrogation.

Les élèves avaient du mal à se situer. Etaient-ils en cour d’Arts Plastiques ? Seraient-ils capables de vivre cette expérience jusqu’au bout ?


Lundi 28 avril :

Je retrouve les élèves durant le cour de leur professeur de français Mlle Veyrier. Il s’agit de distribuer le matériel pour le mois, de numéroter les feuilles de 1 à 30 , de mettre en place la boite " d’Artiste ", valider les choix des natures mortes. Puis, enfin, faire avec eux la proposition numéro un pour démarrer l’expérience.

Le contact est tout de suite plus chaleureux et plus satisfaisant. J’ai gagné un soupçon de confiance. Je leur promets de ne pas les abandonner, de revenir quand ils le souhaitent. Je leur laisse aussi l’adresse de mon Blog sur lequel ils peuvent laisser des messages.

http://www.carnetdeville.fr

L’expérience démarre ainsi…

J’ai déjà hâte de les retrouver à travers leurs monotypes…

Il ne fait aucun doute que l’expérience va être riche pour tous…

Je les quitte avec cette conviction et la certitude que le meilleur est à venir.


Mercredi 30 avril :

Mme Guggiari me dépose les 2 premières enveloppes contenant les 26 propositions.

J’ouvre avec empressement la première enveloppe. Déjà quelques prénoms me reviennent en mémoire : Mathis, Alexandre, Yann, Maud, Inès, Antoine…


Du 1er au 26 mai :

Le temps s’écoule au rythme des numéros au dos des monotypes.

Marion, Marie, Adèle, Sylvie, Vanina, Lounis deviennent petit à petit des intimes. Je perçois leurs doutes, leurs humeurs, le manque de temps, la motivation qui s’émousse, des idées qui surgissent.

J’aperçois des propositions sales ou bâclées et d’autres fortes, pertinentes et belles…

Jamais il me semble perdre mon temps en les côtoyant. Bien au contraire, plus le temps passe plus je ressens l’intensité de l’expérience.

Je reçois sur mon blog des messages, je passe régulièrement à l’atelier des " Mille Univers " pour suivre la mise en place du site, pour faire part de mes remarques, mes doutes, mes bonheurs…Toujours on m’écoute, toujours on me guide…


Lundi 26 mai :

Mlle Veyrier me permet de passer pendant son cour de 9 à 10 pour donner un dernier " coup de pouce " pour la fin du projet. Les élèves, me dit-elle sont heureux de me revoir…Et moi donc !

J’ai moins le traque, je suis dans le plaisir de les retrouver, notre place est à tous bien déterminée. Je ne suis pas là pour les noter, leur faire des reproches ou encore les mettre sous pression. Je suis là, pour les encourager en cette fin d’expérience… J’ai envie de leur verbaliser tout cela et les mots sortent sans filtres de moi, simples, limpides, spontanés :

-" J’ai demandé à Mlle Veyrier de faire l’appel à haute voix car je connais maintenant très bien chacun de vos prénoms, mais je suis incapable de mettre vos visages sur ces prénoms. Durant ce mois, vous êtes devenus des intimes. Chaque jour j’ai regardé vos productions et petit à petit je n’avais même plus à retourner les feuilles pour savoir qu’il s’agissait du monotype de Marie, de Marion ou de Sylvie. Je vous ai vu évoluer, passer par des moments de doutes, bâcler certaines choses, parfois vous endormir un peu. Mais chaque jour je vous ai retrouvé avec un réel plaisir. Vous ne le savez pas encore, moi j’en ai juste un peu plus conscience que vous, mais vous avez réalisé une expérience hors du commun. Vous avez joué le jeu, vous êtes en passe de réussir le pari et rien que pour cela vos créations ont une valeur.

Je pourrai citer chacun de vous…Les propositions noirs et puissantes de Lounis, les compositions subtiles de Maud, les esquisses timides d’Inès, les propositions atypiques de Kevin…

Ceux pour lesquels je n’ai pas cité le prénom n’en sont pas pour autant oubliés. Je connais chacun de vous, j’ai regardé avec régal chacune de vos propositions, vous avez été créatifs et chaque jour vous avez réussi à me surprendre en me donnant toujours et encore une nouvelle facette de notre monde à contempler.

Jamais, à aucun instant je n’ai pensé que je perdais mon temps ou encore, comme je l’ai entendu lors de notre première rencontre, jamais je n’ai pensé que nous gâchions du beau papier.

Il vous reste encore 4 monotypes à faire pour mettre un point final à cette expérience, vous êtes maintenant devenus des experts… J’attends chez moi les dernières enveloppes. "

Durant tout le temps de mon intervention, je n’ai pas entendu un mot. J’ai senti une attention intense. Je pense que l’impression de vivre un temps suspendu a été collective. Un temps " magique ", fort, un de ces moments rares, cadeaux d’humanité et d’émotion, le partage…


Mardi 17 mai :

Le site http://www.navets.fr est opérationnel.

Il est sobre et réussit à mettre en valeur le travail des " faiseurs de monotypes ". Les travaux plastiques prennent soudain tous leur sens face aux poésies.

Je n’en finis pas de jouer à les retrouver, je visite leurs galeries, je découvre encore d’autres richesses.

Les enveloppes que j’ai reçu après mon intervention ont été, sans aucun doute celles qui recelaient le plus de propositions exceptionnelles par leur qualité, leur originalité, leur singularité et leur puissance.

Ils se surpassaient, de toute évidence.

 

 

par N le D
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Dimanche 1 juin 2008
Voici mon unique, merveilleux et incroyable cadeau internet envoyé hier par Anne-Laure
http://jardindannelaure.over-blog.com
par N le D
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Dimanche 1 juin 2008
Elle allait déjà, depuis deux années, rejoindre son groupe de femmes pour "l'atelier d'écriture". Le rendez-vous était devenu un incontournable de sa vie. Un point d'orgue, un gros grain de fleur de sel sous ses dents, un foyer, une cerise sur son gâteau de vie.
Comme par hasard c'était la veille de son anniversaire.
Pas n'importe quel anniversaire : un de ceux qui font symboles, qui se veulent ronds pour mieux se faire pardonner.
Comme par hasard s'enchainaient dans sa vie une série d'allertes, de catastrophes, d'incidents, de chamboulements, d'épreuves.
La dernière en date était d'autant plus insupportable qu'elle concernait son enfant : pour lequel son coeur s'était divisé en deux pour donner la vie il y avait déjà  douze ans.
Elle faisait face, trouvant mille et un pretextes à rester debout, mille astuces pour sourire, mille liens pour ne pas tituber.
Elle n'avait pas eu même le temps de se laisser aller à pleurer...

Comme par hasard, elle arriva en avance au rendez-vous dans le café associatif de sa ville Nord.
Comme par hasard, elles n'étaient pas nombreuses ce soir là. L'intimité était plus forte, le lien tendu et émotif.

Comme par hasard on débuta sans trop échanger la série d'exercices pour délier la main, pour délier l'esprit.
Comme par hasard le premier exercice fut présenter comme suit :

"Comment ça va pour moi ce soir....et sur la terre allons y voir !"

Le flux des mots sous sa plume jaillit sans difficultés, un débordement. Une dizaine de phrases aiguisées, limpides, sombres et lourdes, un jet en une seule expire.

Quand la demande de lecture fut prononcée, elle balbucia une excuse, obscure : " J'ai pas le droit de faire ça...mais....Je vous demande de m'excuser pour ce qui va se passer..."
Alors elle lut et pas plus tard qu'à la deuxième phrase déjà les sanglots arrivèrent, profonds, chargés, irrépressibles...

Comment ça va pour moi ce soir ?
La terre a quarante ans demain...
Elle tourne toujours... Vit des cataclysmes, des catastrophes, des tonnerres et des pluies qui pleurent.

La terre a quarante ans demain...et elle fait face
Elle continue de tourner. Elle n'a pas le choix. Car si elle s'arrête, alors la lune s'arrête, Mars chavire, Saturne perd ses anneaux et le soleil s'éteint.

La terre a quarante ans demain...
Et elle fait mine. Mine de rien...Face de terre, face à terre...
Pf ! Pf! Pf! J'en ai plein la bouche...

La terre a quarante ans demain...

ça ira pour moi ce soir !

Un dernier râle s'échappa en même temps qui filet de morve.
 C'était là, maintenant, sur ce papier... Elle pouvait pleurer...


Le lendemain, une main glissa discrètement une enveloppe dans sa boite à lettres...

Quand elle parcourut les mots glissés sur une jolie carte choisie avec soin, elle visualisa immédiatement les visages de ses bienveillantes. Chacune des interventions écrites avec des stylos différents et des typographies  singulières lui évoquaient en flash le visage de ses auteures. Elles avaient pensé à elle. Elles étaient, ce jour avec elle.
Elle savoura chacun des mots, chaque signe de ponctuation, chaque point et chaque accent...

Une des phrases disait : "Nous ne savons pas toujours d'où vient la lumière, mais elle n'existerait pas sans les ténèbres".
par N le D
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Samedi 31 mai 2008

Portrait dérobé

par N le D
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Vendredi 30 mai 2008

Je ne peux résister à montrer sur mon blog le résultat du travail des collègiens de "Saint Ex" et j'invite à aller visiter le superbe site qui met en valeur leurs talents et leur percevérence.
http://www.navets.fr

par N le D
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Vendredi 30 mai 2008
Il manquait un piano à ma maison.
Nous lui en avons fait cadeau. Elle le mérite après tout. Elle qui nous accueille et nous protège depuis bientôt 8 annnées.
Il est droit, grand, noir et semble toujours avoir été là.
C'est mon fils qui le fait résonner sous ses doigts enjoués. 
Il s'y arrête au gré de ses envies et offre à notre maison des émotions musicales.
Elle apprécie.
par N le D
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