e reviennent enbouffées comme si tu
n'éatais jamais partie.
Au début du voyages, la naissance.
Douloureuse, comme chaque naissance.
Saïgon des années 60 accueille avec appréhension ses nouveaux petits citoyens.
Les militaires américains marquent encore la ville de leur présence bruyante.
Saïgon hésite encore. Bien sur la présence française n’avait fait de ses habitant que des moitiés d’humains, mais les promesses d’un jour Rouge comme dans le nord du pays n’ont pas encore attiré tous les papillons désespérés, épuisés par les guerres, délaissés, abandonnés.
Naître est douloureux, quand on devine que l’on sera le dernier cadeau fait à son pays.
Après le voyage, le ventre de la mère restera sec, par choix, par nécessité, par réflexe.
Naître dans un foyer ou deux femmes partagent le même homme, entourés de frères et sœurs qui devinent déjà que ce nouveau né mettra un point final à leur histoire dans ce pays : leur Vietnam
Tu vois le jour à Saïgon en 1960, dans un hôpital, ta mère venue seule accoucher, sera prise pour une fille mère et sera traitée comme une demi femme. Elle accouchera dans un couloir, on n’épargne aucune souffrance aux femmes qui ont l’impudence de venir se délester d’un enfant sans père.
Cette histoire n’est-elle pas celle de ton pays ! Regardé avec condescendance, laissé dans ses souffrances, puis abandonnée, dans un couloir politique entre deux cultures, entre deux âges, entre deux civilisations.
Ton père viendra plus tard, le lendemain, un peu trop tard, il n’a pas pu épargner à ta mère l’humiliation d’être mal menée, alors qu’elle était dans la situation la plus précaire que peut rencontrer une femme dans toute sa vie : Le moment ou elle va donner naissance. Le moment ou elle va te donner la vie.
Encore une similitude avec l’histoire de ton pays.
Dans ton foyer deux femmes sont les mères de tes frères et sœurs. C’était l’usage dans le pays.
Encore une similitude avec l’histoire de ton pays qui longtemps cherchera ses véritables liens, son identité.